Emploi du temps

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Un emploi du temps, c’est toujours un casse-tête. Il faut réussir à trouver un juste équilibre entre les horaires officiels, les temps contraints (décloisonnements, intervenants extérieurs, planning d’utilisation des locaux communs…), les rythmes chrono-biologiques des élèves, les moments collectifs et les temps de travail individuel, les activités d’expression, de communication, de tâtonnement (recherche)… Il faut aussi laisser aux élèves le temps de créer… celui de terminer et de présenter les projets individuels – ou collectifs…

Alors que le comité de pilotage de la concertation Refondons l’école de la République tente de réfléchir à des rythmes scolaires adaptés (à l’école primaire, la France cumule le record de la journée scolaire la plus lourde – 6 h – avec celui de l’année scolaire la plus  courte : 144 jours), voici les horaires officiels des élèves de cycle 3 à l’aube de la rentrée 2012 (pour une semaine de 24 h d’enseignement), tels qu’ils sont proposés sur le site du ministère de l’Éducation Nationale :

  • Français : 8h (durée annuelle des enseignements : 288 h)
  • Mathématiques : 5h (180 h)
  • Éducation Physique et Sportive : 3h (108 h)
  • Histoire – géographie – instruction civique et morale : 2h10 (78 h)
  • Pratiques artistiques et histoire des arts : 2h10 (78 h)
  • Sciences expérimentales et technologie : 2h10 (78 h)
  • Langues vivantes : 1h30 (54 h)

Total : 24 h (soit 864 h d’enseignement sur une année scolaire de 36 semaines)

Le problème, c’est que quand on construit un emploi du temps, on prend en compte un truc essentiel : les récréations ! C’est un temps tout aussi obligatoire et nécessaire, dont l’horaire est fixé : quinze minutes par demi-journée à l’école élémentaire (trente en maternelle).

Les horaires ci-dessous sont donc inférieurs aux horaires officiels car ils prennent en compte ces temps de récréation (huit fois quinze minutes, soit deux heures sur la semaine), retirés sur l’ensemble des disciplines : cela revient à enlever cinq minutes par heure d’enseignement. Ces horaires ne sont qu’une base indicative du temps à consacrer chaque semaine aux enseignements : c’est bien le volume annuel qui doit être respecté. Ce qui donne en horaire hebdomadaire (à peu de choses près) :

  • Français : 7h20
  • Mathématiques : 4h35
  • Éducation Physique et Sportive : 2h45
  • Histoire – géographie – instruction civique et morale : 2h00
  • Pratiques artistiques et histoire des arts : 2h00
  • Sciences expérimentales et technologie : 2h00
  • Langues vivantes : 1h20
  • Récréations : 2h = 8 x 15′

Une fois que j’ai bien fait tous mes calculs, je le place sur quelle plage horaire mon « Quoi d’neuf ? » (c’est du français, mais aussi parfois, des sciences, de la géographie, de l’histoire des arts…). Et mon conseil qui est à la fois un moment de langage et un temps fort d’instruction civique ? Et le temps personnel, pendant lequel l’élève peut faire aussi bien de la conjugaison que de la géométrie ? Et une conférence d’enfant, qui peut être aussi bien une expérience de sciences qu’une présentation de personnage historique ? Et ma discussion à visée philosophique bi-mensuelle ? Bref, l’emploi du temps d’une classe coopérative peut difficilement se limiter à des cases…

Comment mettre en place « une gestion du temps collectif qui tient compte des rythmes individuels » ? Sylvain Connac donne des éléments de réponse :

En classe coopérative où ce qui prime est la pertinence pédagogique de la structure d’entraide, le principe est plutôt de permettre à chaque enfant d’établir, dans le cadre que lui propose la classe, son propre emploi du temps, alliant moment de travail individuel, temps d’interactions avec des pairs ou avec l’enseignant, et rencontres collectives. Ainsi, un emploi du temps devient plus un guide pour situer dans la journée quels sont les horaires à respecter et les rendez-vous collectifs plutôt qu’une suite d’activités ordonnées par un adulte. On retrouvera donc dans un emploi du temps les horaires de la classe, les récréations, les temps collectifs d’accès à la parole, les moments d’échanges coopératifs collectifs et les séances de travail qui ne dépendent pas seulement de la vie du groupe mais aussi d’intervenants extérieurs, du fonctionnement de l’école, etc. La plupart du temps, les enseignements sont abordés par l’intermédiaire des plans de travail. Ce qui n’est concerné par aucun de ces moments est naturellement attribué aux temps personnels. (Sylvain Connac, Apprendre avec les pédagogies coopératives)

 

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