Classe coopérative

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Ce qui me frappe en entrant dans une classe coopérative en pédagogie Freinet, et en la voyant fonctionner, c’est la complexité de l’ensemble formé par des activités diversifiées, une organisation minutieuse, des institutions multiples. (Jean le Gal)

Pour commencer à expliquer les principes de base et le fonctionnement d’une classe coopérative, je laisse la parole à Sylvain Connac :

Le contenu suivant de cette page s’inspire fortement d’un « petit livre » créé par des enseignants de l’ICEM 34 afin de présenter aux parents d’élèves les fondements de la classe coopérative.

1 – La classe coopérative

Une classe coopérative permet à des élèves d’apprendre en s’entraidant : en bénéficiant de l’aide de ses camarades, ou en apportant soi-même cette aide. Ils peuvent s’y exprimer de diverses manières, communiquer avec l’extérieur, conduire des projets en cherchant, se trompant et réussissant. La classe est transformée en un véritable espace d’échanges de savoirs, au sein duquel l’enseignant n’est pas la seule source, il peut se consacrer davantage aux élèves.
Les pratiques coopératives apportent aux élèves des situations où ils se sentent motivés pour entretenir leur curiosité naturelle, concernés par ce qui se passe à l’école, responsabilisés dans leur parcours scolaire.

2 – Une journée parmi d’autres

Matinée : Rituel de mathématiques ou de français (20 à 30’)
Travail collectif : recherche en langue française (30′)
Travail personnel (30 à 40′)
Récréation (15′)
Travail collectif :  recherche mathématique (45′)
Pratique artistique (30′)
Pause déjeuner
Après-midi : Travail personnel : ateliers de lecture, temps d’écrivain (1h)
Présentations d’enfants (30’)
Récréation (15′)
Jeux coopératifs (30’)
Ateliers de classe : histoire, géographie, sciences (45’)
Bilan de journée

3 – Les outils pour le travail

– Le plan de travail : document individuel sur lequel sont notées les activités de chacun. Ces activités correspondent aux projets personnels, aux besoins individuels et aux compétences attendues par les programmes scolaires.
« Quoi d’neuf ? » : temps de libre parole et d’échanges à partir desquels des projets peuvent émerger. Les enfants peuvent présenter des sorties, des objets, des lectures, des découvertes… tout ce qui les aide à trouver une place dans la classe, à apprendre à s’exprimer, écouter les autres …
Textes libres, dessins libres, créations mathématiques, conférences d’enfants (exposés) : espaces d’expression en écriture, en arts, en mathématiques… supports à la construction des savoirs scolaires.
– Et aussi : outils Pidapi, fichiers, manuels, livres, ordinateurs reliés à Internet…

4 – Les relations dans la classe

Pour le travail scolaire, les enfants ont la possibilité de se déplacer dans la classe, donner leur avis, faire des choix, prendre des responsabilités… Ces espaces de libertés peuvent entraîner certains conflits.
Lorsque les enfants ont un souci de relation avec un camarade, ils apprennent à utiliser la technique du « message clair » pour essayer de le résoudre par eux-mêmes. Si cela ne suffit pas, ils peuvent alors en parler à leur enseignant ou lors de la réunion hebdomadaire : le conseil. Le conseil sert aussi à organiser la vie de la classe, ses projets, ses règles et les responsabilités confiées aux enfants (les métiers).

5 – L’entraide

Grâce à la classe coopérative, les enfants qui bloquent devant une difficulté peuvent trouver des ressources et obtenir des aides plus rapidement auprès de leurs camarades, au sein de la classe, pour engager, poursuivre, ou mener à terme un travail.
Ceux qui les aident sont alors amenés à utiliser leurs connaissances et ainsi les retiennent mieux.
Lors des situations d’entraînement, copier, imiter, demander de l’aide et travailler à plusieurs, deviennent des outils pour mieux apprendre. Les tuteurs sont des enfants volontaires qui ont reçu une formation. Ils sont choisis par ceux qui ont souhaité avoir un tuteur.

6 – Travail à la maison

Deux obligations après la classe :
– S’amuser et se détendre ;
– Se reposer : dormir suffisamment (ne pas se coucher trop tard).

Travail pouvant être donné par le maître :
– lire ou relire (des pages de livre, un texte, un document, un résumé…) ;
– revoir, mémoriser (une poésie, l’orthographe des mots d’une liste, des tableaux de conjugaison, des tables de multiplication, des fiches-leçons « mémento »…).
Ce travail ne doit pas dépasser 20 min, sauf s’il s’agit d’un projet que l’enfant a décidé lui-même de mener.

Autres activités à encourager :
– Parler : raconter sa journée ;
– Lire (journal, roman, BD, magazine…) puis expliquer ce qu’il a lu (ou pas !) ;
– Écrire : un texte libre, un article pour le journal, une lettre à son correspondant (carnet d’écrivain) ;
– Dessiner (carnet de dessin)…
– Sortir : faire un tour dans la nature, au musée, au cinéma, à la médiathèque, faire du sport…

7 – L’enseignant-e

– organise et équipe la classe, la rend la plus riche possible ;
– en début d’année, apporte un fonctionnement initial ;
– intervient et garantit l’écoute et la sécurité de chacun ;
– se rend auprès des enfants pour les aider, pour les encourager, accompagner leur progression ;
– évalue le travail des élèves ;
– se rend disponible auprès des familles, notamment pour leur expliquer ce qui se passe en classe ;
– échange avec d’autres enseignants de classes coopératives.

8 – Pour en savoir plus

– En discuter avec l’enseignant ;
sur Internet : http://pidapi-asso.fr/http://www.icem-pedagogie-freinet.org/ ;
Ouvrages : Célestin Freinet, Les Dits de Mathieu ;
Dominique Tiberi, Citoyen en classe Freinet, L’Harmattan, Paris, 2005.
Films : L’école Buissonnière, de Jean-Paul LE CHANOIS, 1958.
Écoles en France, de Ch. NICK et P. BODET, France 2, 2005.

D’autres ressources autour des classes coopératives :

@ voir aussi : définition de la coopération à l’école (Sylvain Connac)
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