Affichages

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Street Advertising (CC0)

Street Advertising (CC0)

J’ai toujours essayé d’accorder une place prépondérante à l’affichage dans ma classe… Je ne prends pas toujours le temps d’aller au bout de la démarche, et je remets tout à plat chaque année. Mais une question me revient sans cesse : comment faire des tableaux, des murs, des placards, des portes (voire des fenêtres) de la classe de véritables espaces d’affichage utiles et/ou esthétiques, de vrais outils du quotidien qui vivent dans la classe ? Parfois, trop d’affichage peut tuer l’apprentissage

Encore faut-il savoir de quel(s) affichage(s) on parle !

Sur les fonctions de l’affichage, j’ai trouvé une excellente synthèse sur cette page du site de l’Inspection de la Goutte d’Or (Paris) :

Voilà l’organisation que j’ai choisi de retenir pour ma classe.

1. Les affichages règlementaires et institutionnels

Des traditions amènent les enseignants à afficher la « pyramide » des âges, la liste des chants et poésies. Nul texte officiel n’en fait mention.
Les seuls documents obligatoirement affichés sont l’emploi du temps, les consignes de sécurité et, à l’école élémentaire, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. (source)

Ce sont les affichages obligatoires et toutes les informations essentielles qui permettent d’assurer la sécurité des élèves et la continuité du service d’enseignement en cas d’absence du maître titulaire de la classe. Ils sont connus et visibles par les élèves, mais sont essentiellement destinés aux éventuels remplaçants, pour faciliter la prise en main de la classe… au pied levé !

  • Consignes de sécurité et d’évacuation en cas d’urgence (obligatoire)
  • Emploi du temps général (obligatoire)
  • Emploi du temps spécifique faisant apparaître les intervenants, les décloisonnements, les activités nécessitant un déplacement…
  • Listing des élèves de la classe
  • Tableau des services de surveillance de récréation

Ces affichages (placés en vue à l’entrée de la classe ou près du bureau du maître) sont complétés par un gros classeur (le “dossier du visiteur”), qui est destiné aux remplaçants éventuels, aux stagiaires, aux parents, aux collègues, à l’IEN…

2. Les affichages sociaux et fonctionnels

Ce sont les affichages qui permettent d’organiser avec les élèves la vie et les apprentissages du groupe-classe. Certains sont mobiles pour être mis en évidence à certains moments (grâce à des panneaux de liège ou des plaques médium). Tous sont à caractère évolutif : ils permettent d’ajouter des informations pour faire apparaître un changement, une progression…

Ces panneaux sont des points d’appui très utiles pour le maître comme pour les élèves et révèlent toute leur importance lors des temps de travail personnel et des temps de réunion (quoi d’neuf, conseil de classe, bilan du jour).

3. Les affichages de référence (liés aux apprentissages disciplinaires)

Moins d’écrits, mais de vrais écrits de référence, des outils qui vivent dans la classe, que les élèves savent utiliser et consulter à bon escient ! (Conseil donné par une IEN)

Pour moi, ce sont les plus difficiles à concevoir et à faire vivre, ceux que les élèves ont peut-être le plus de mal à s’approprier. J’invite régulièrement mes élèves à les utiliser pour trouver une solution à un problème posé, il suffit souvent de savoir chercher !

Je me suis donné quelques clés pour essayer de faire de ces affichages de vrais écrits de référence :

appropriation : associer les élèves à leur élaboration (à partir de l’issue d’une séance de recherche par exemple) en définissant en collectif le texte et le support ;
lisibilité : limiter le texte explicatif, privilégier les exemples en gros caractères, mettre en valeur les éléments importants (utilisation de la couleur, de différentes graphies) ;
localisation : bien définir les espaces d’affichages par champs disciplinaires ;
réactivation : doubler l’affichage d’une trace écrite proche ou identique dans le portfolio individuel de l’élève, et solliciter régulièrement le recours à ces outils.

Voici une liste indicative des affichages didactiques que l’on peut trouver au cours d’une année scolaire sur les murs de ma classe… Ils peuvent être permanents ou temporaires, pour faire de la place à d’autres plus pertinents ou nécessaires !

Langue française

  • Code de correction « PACO » (Ponctuation, Accords, Conjugaison, Orthographe) et outils de correction associés : règles de ponctuation, accords singulier/pluriel & masculin/féminin, terminaisons de conjugaison (présent, imparfait, futur, passé composé, passé simple + …é / … er / … ez / …ai…), homophones grammaticaux (a/à, et/est, on/ont, son/sont, ou/où, ce/se, ces/ses, c’est/s’est, la/l’a/là) ;
  • Grammaire : identifier le verbe, le sujet, les compléments ; les classes de mots (avec exemples) ;
  • Du côté de la bibliothèque de classe : le code couleur associé aux formes littéraires (roman, album, etc.), et « les droits imprescriptibles du lecteur » chers à Pennac, illustrés par Quentin Blake !

Mathématiques

  • Tables de multiplications (table de Pythagore) ;
  • Tableau de numération (des unités simples aux milliards, puis avec les décimaux) ;
  • Tableau de conversion des mesures (longueurs/masses/capacités) ;
  • Géométrie : vocabulaire géométrique / polygones / solides.

Culture humaniste

A ces traces « abouties » peuvent s’ajouter des traces temporaires, réalisées par le maître ou les élèves en fonction des projets de classe, pour garder une mémoire entre deux séances. Le meilleur outil à cet égard est sans doute le chevalet de conférence (communément appelé paper board), qui permet de garder une trace des brainstormings collectifs grâce à ses grandes feuilles détachables. Notez que si le chevalet n’est pas vital et coûte cher, un rouleau de 50 feuilles est très accessible et rend d’innombrables services : c’est le vrai cahier de brouillon de la classe !

4. Les affichages esthétiques, poétiques ou philosophiques…

Ils sont de trois types :

  • les reproductions d’œuvres d’art, les posters, les affiches de spectacles…
  • les productions d’élèves : créations ou détournements en arts visuels, reproductions géométriques, exposés, poésies et textes libres mis en valeur…
  • les apports du maître : des images, des citations pour faire sourire (des illustrations du chat de Geluck) ou pour faire réfléchir (par exemple pour initier une DVP !)… comme avec les singes de la sagesse.

BONUS ! Quatre grand principes pour réussir ses affichages (et bien écrire au tableau…)

La plupart des affichages de ma classe sont réalisés grâce à l’outil informatique. Mais je continue à écrire tous les jours au tableau (je n’ai pas encore de TBI !) et sur des affiches temporaires. Dans les deux cas, j’essaie de respecter ces 4 grands principes :

  • Lisibilité
    Respecter les normes de l’écriture cursive
    Soigner la qualité (taille, régularité)
    Organiser l’espace de communication
  • Esthétisme
    Mettre en valeur les éléments importants
    Utiliser différentes graphies
    Utiliser la couleur
  • Définition des espaces
    Identifier les différents espaces d’affichage de manière explicite (titres, étiquettes, code couleur…) ou implicite
  • Renouvellement
    Régulier ou périodique, mais nécessaire ! Exemple : faire vivre un coin « musée », un espace des arts plastiques…
Crédit image : Street Advertising, by LSE Library [CC0 – Public Domain], via Flickr
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