Conseils de Célestin aux jeunes…

Voici jeune camarade, ce que tu peux faire partout.

young-teacher-cyrus-e-dallina) Change l’atmosphère de ta classe en renonçant à la discipline autoritaire et en y instaurant l’esprit d’équipe : disparition de l’estrade, organisation immédiate de la coopérative scolaire, organisation des équipes de travail, questions et conférences, journal mural, établissement de projets coopératifs à la mesure de la classe.
Tu peux faire cela sans débourser un centime. Et n’importe qui peut le faire pourvu qu’il dépouille le vieil homme. Cela t’est encore facile : il n’y a pas trop longtemps que tu en portes la défroque.

b) Mêle tout de suite l’école à la vie par l’étude du milieu qui devient d’ailleurs officielle. Et le meilleur moyen de t’orienter vers cette intégration de l’école à la vie est la pratique du Texte libre, qui devient elle aussi officielle, – et c’est une de nos grandes victoires.
Seulement, afin de ne pas avoir de désillusion, sache bien que cette pratique du texte libre ne peut donner son plein que lorsqu’elle est motivée par la correspondance interscolaire et par le journal scolaire. […]

Si tu as bien compris mes soucis, et aussi mes espoirs, tu ne te décourageras plus parce que tel jour, ou chaque jour, à telle heure, tu as dû abandonner le travail qui t’intéressait pour sacrifier aux programmes, aux examens, ou aux parents.
Nous en sommes tous là. Et ces sacrifices nous les consentons tous, à un degré plus ou moins grave.

C’est notre force et la raison d’être de notre mouvement de ne jamais présenter, dans l’absolu, des réalisations qui enthousiasment un instant, puis lassent et découragent parce qu’elles ne sont pas à la mesure de nos possibilités véritables. Jeune instituteur, nous construisons et nous réalisons pour tous les instituteurs qui sont dans ta situation, dans notre situation commune. Nous ne chambardons pas l’École : nous la modernisons, en tenant compte de tous les éléments qui nous ont permis et nous permettront de faire de l’École du passé, dogmatique et morte, l’École moderne et vivante des travailleurs. »

Célestin Freinet, Conseils aux jeunes,
Bibliothèque de l’École Moderne, n° 54-55 (1969)

Crédit image : Smithsonian Institution, via Flickr
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